Chaussettes

Royalties Paris : la chaussette fabriquée en France

11 min de lecture Par L'Industrie

Royalties Paris : la chaussette fabriquée en France

Un client prend une paire, regarde l'étiquette, la repose. La phrase est toujours la même : « c'est le prix de six paires au supermarché ». Le calcul est juste. Reste à savoir ce qu'il y a dans l'écart, et ce qu'il n'y a pas.

Une marque parisienne née en 2011

Royalties Paris a été créée en 2011 par Timothée Pic, styliste de formation. Camille Emelina, profil marketing, l'a rejoint ensuite comme cofondatrice. Le bureau de style est à Paris. La marque revendique une fabrication française depuis le premier jour.

Le positionnement tient en une idée : la chaussette n'est pas un sous-vêtement, c'est une pièce qui se voit. Les références assumées sont preppy, britanniques et américaines, avec des jacquards, des rayures et des côtes marquées. La marque annonce une distribution dans plus de vingt-cinq pays, avec des points de vente comme Le Bon Marché à Paris, YMC à Londres et Isetan Mitsukoshi à Tokyo. Ce sont ses propres chiffres, nous n'avons pas de source indépendante pour les recouper.

Où elles sont tricotées : ni Roanne, ni l'Ardèche

On associe souvent la maille française à Roanne, et la chaussette à l'Ardèche. Ce n'est pas le cas ici. Sur sa page fabrication, Royalties décrit deux entreprises familiales : l'une dans la campagne limousine, l'autre dans l'Aube. La marque parle de trois générations et d'un savoir-faire remontant à la fin des années 1930.

Elle ne nomme pas les ateliers. Un guide de marques situe la production à Limoges et à Troyes, ce qui est cohérent avec les deux régions annoncées, mais l'information ne vient pas de la marque et nous la donnons sous réserve. Ce qui est vérifiable, c'est le couple Limousin / Aube. L'Aube est le bassin historique de la bonneterie française. Ce n'est pas un argument de communication, c'est une géographie industrielle qui existait bien avant la marque.

Ce que « fabriqué en France » veut dire sur une chaussette

Une chaussette passe par quatre grandes étapes. Toutes ne se passent pas au même endroit. C'est là que la mention d'origine devient intéressante à lire.

Le tricotage

La chaussette est tricotée sur un métier circulaire de petit diamètre. Elle sort en tube, talon et jambe formés, la pointe encore ouverte. La finesse dépend du nombre d'aiguilles du métier et de la vitesse à laquelle on le fait tourner. C'est le premier vrai écart avec une chaussette de grande distribution : une maille dense coûte du temps machine, et le temps machine coûte cher en France.

Le remaillage

C'est la fermeture de la pointe, maille par maille. Fait correctement, la couture est plate et vous ne la sentez pas sous les orteils. Fait vite, elle forme un bourrelet qui vous rappelle son existence à chaque pas dans une chaussure ajustée. Royalties revendique un remaillage fin sur ses fiches produit. C'est le détail que nous faisons toucher en boutique, parce qu'il se sent au doigt avant de se sentir au pied.

La teinture

Un jacquard ou une rayure impose que les couleurs existent avant le tricotage. Le fil est donc teint en amont. Sur un uni, la teinture peut aussi se faire après, sur la pièce. La marque ne précise pas où ses fils sont teints. Nous ne l'inventerons pas.

La filature, l'étape qui n'est pas française

Voilà la nuance honnête. Le coton ne pousse pas en France métropolitaine, et la filature de coton a quasiment disparu du territoire. Le fil est donc acheté ailleurs. Un guide de marques indique une origine italienne pour les fils de Royalties ; la marque ne publie pas cette information et nous la donnons pour ce qu'elle vaut.

La mention d'origine repose sur la règle douanière de la dernière transformation substantielle. Le tricotage et la confection en France suffisent à la justifier, même avec un fil importé. Ce n'est pas un abus, c'est la règle. Mais dire « fabriqué en France » et laisser croire « tout vient de France » sont deux choses différentes. Nous avions fait la même remarque au sujet de Pellet, maison française de 1860 dont les ateliers sont portugais : l'origine d'une marque et l'origine de sa production sont deux sujets distincts.

Les matières, et ce que l'Oeko-Tex garantit vraiment

Aucune chaussette portable n'est en coton pur. Sur les fiches de la marque, on relève par exemple 70 % coton, 27 % polyamide, 2 % élasthanne et 1 % polyester sur un modèle Aran naturel, ou 75 % coton, 12 % polyester, 11 % polyamide et 2 % élasthanne sur un modèle à côtes. Le polyamide tient le talon et la pointe, là où le frottement est maximal. L'élasthanne empêche la jambe de tomber sur la cheville au bout de deux heures.

Le mot « coton » sur nos étiquettes est donc un raccourci de rangement, pas une composition. Si vous voulez le détail par fibre, coton contre laine contre mérinos, nous l'avons traité à part dans notre guide des matières de chaussettes. Le même raisonnement sur les laines de pull est ici.

La marque indique respecter la norme Oeko-Tex Standard 100 sur ses fiches produit. Soyons précis sur ce que cela signifie. C'est un contrôle de substances nocives sur le produit fini, avec des seuils. Ce n'est pas un label d'origine, pas un label écologique, pas un label social. Une chaussette Oeko-Tex peut être tricotée n'importe où. Ici elle est tricotée en France, mais ce sont deux informations séparées, et les fiches produit du marché les mélangent souvent.

La gamme disponible en boutique

Nous avons seize références. La quasi-totalité n'existe que dans la taille 40/45. Trois unis sont aussi disponibles en 36/40. Une référence, Alex, est enregistrée chez nous sous le nom de marque « Royalties » seul : c'est la même marque, c'est juste une entrée de catalogue plus ancienne.

Modèle Registre Coloris disponibles chez nous Tailles
Aran Point d'Aran, maille torsadée épaisse Naturel, Kaki, Denim, Bordeaux 40/45
Kai Deux teintes de fond, polyvalent Naturel, Marine 40/45
Winter Modèle d'hiver, à porter en boots Natural, Marine 40/45
Adam Teintes claires et fraîches Menthe, Marine, Ivoire 40/45
Biscotte Bleus francs et naturel Royal, Marine, Naturel 40/45
Mickey Teintes profondes Ivoire, Brown, Abysse 40/45
Benjamin Teintes chaudes ; présenté par la marque en laine recyclée Wild Rose, Tomette, Maritime, Kaki, Ciel 40/45
Nicklas Teintes vives ; rattaché à la ligne fils bio et recyclés Pink, Gold, Denim 40/45
Breton Registre marin, couleurs franches Rouge, Navy, Ciel 40/45
Gary Gazon Vert pelouse, une seule teinte Gazon 40/45
Gary Roux Brun-roux chaud Roux 40/45
Hugo Gazon Autre construction, même vert Gazon 40/45
Alex Trois coloris, dont un multicolore Marine, Multico, Denim 40/45
Ecru Uni le plus neutre, coton non teint Ecru 36/40 et 40/45
Marron Glacé Uni brun doré Marron glacé 36/40 et 40/45
Vert de Gris Uni vert-gris de patine Vert de gris 36/40 et 40/45

Si vous n'en prenez qu'une pour essayer la marque, prenez l'Aran. C'est la plus épaisse, la plus structurée, celle qui rend le mieux le travail de maille, et c'est aussi celle qui a le plus de choix de coloris. Si vous ne voulez rien montrer, prenez l'Ecru ou la Vert de Gris. Si vous voulez qu'on la remarque, Nicklas ou Breton, et assumez.

Trois à cinq fois le prix : ce que vous achetez

C'est l'ordre de grandeur réel face à un lot de grande surface. Voici ce que l'écart paie.

  • Du temps machine. Une maille dense se tricote lentement. Une maille lâche se tricote vite.
  • Un remaillage soigné à la pointe, au lieu d'une couture rapide.
  • Un fil plus régulier, qui bouloche moins et garde sa couleur au lavage.
  • Des côtes de jambe qui tiennent encore droites au bout de plusieurs mois.
  • Des salaires français sur les étapes de tricotage et de finition.

Et maintenant, où la différence ne se voit pas

Le jour de l'achat. Neuve contre neuve, dans la main, l'écart est mince. Deux chaussettes en côtes propres se ressemblent beaucoup au premier contact. La différence se joue autour de la vingtième machine, quand l'une garde sa forme et que l'autre a une jambe qui tombe et un talon translucide. Personne ne vous vend ça en magasin, parce que ça ne se démontre pas sur un cintre.

Elle ne se voit pas non plus sous un pantalon droit avec des boots montantes. Si vous ne montrez jamais vos chevilles, l'argument du motif ne vous concerne pas, et votre budget est mieux placé sur autre chose. Enfin, disons-le franchement : une chaussette française s'use aussi. Le talon finit par lâcher. Elle dure plus longtemps, pas cinq fois plus longtemps. L'écart se paie autant en confort quotidien qu'en durée de vie.

Le conseil de cabine

Essayez-la avec la chaussure que vous comptez porter, pas pieds nus sur la moquette. Une côte épaisse comme l'Aran ou la Winter prend de la place : dans une boot déjà juste, elle vous coûte une demi-pointure de confort. C'est le premier motif de retour sur les chaussettes épaisses, et il est évitable en trente secondes. Le sujet vaut aussi pour le choix de la semelle, que nous avons traité dans notre article sur les semelles crêpe, gomme et cuir.

Deuxième réflexe : tirez la chaussette jusqu'au mollet, lâchez-la, et regardez le bord. S'il roule et redescend tout de suite, la côte est faible. Troisième réflexe, celui qui sauve le plus de paires : pas de sèche-linge. La chaleur tue l'élasthanne, et une chaussette sans élasthanne ne tient plus rien. La marque indique 30 °C, cycle court, à l'envers. C'est aussi ce que nous disons.

Questions fréquentes

Les chaussettes Royalties Paris sont-elles vraiment fabriquées en France ?

Le tricotage et la finition ont lieu en France, dans deux ateliers familiaux que la marque situe dans la campagne limousine et dans l'Aube. Elle ne nomme pas les entreprises. La mention d'origine porte sur ces étapes de transformation, pas sur la totalité de la chaîne.

Le fil vient-il de France ?

Non, et c'est le cas de presque toutes les chaussettes françaises. Le coton ne pousse pas en France métropolitaine et la filature de coton y a quasiment disparu. Un guide de marques évoque une origine italienne pour les fils de Royalties, mais la marque ne publie pas cette information.

Que garantit exactement la certification Oeko-Tex Standard 100 ?

Elle atteste l'absence de substances nocives au-delà de certains seuils sur le produit fini. Elle ne dit rien du lieu de fabrication, rien de l'empreinte environnementale, rien des conditions de travail. C'est une garantie sanitaire, utile mais limitée à ce périmètre.

Comment les laver pour qu'elles durent ?

À 30 °C maximum, cycle court, retournées sur l'envers. Pas de sèche-linge : la chaleur détruit l'élasthanne et la jambe cesse de tenir. Ce sont les consignes de la marque, et elles expliquent une bonne partie des différences de longévité constatées entre deux personnes qui ont acheté la même paire.

Quelle taille prendre si je fais du 40 ?

Le 40 est à la charnière entre les deux tailles proposées, 36/40 et 40/45. Nous n'avons pas de règle officielle de la marque pour ce cas précis. En boutique, nous faisons essayer les deux ; à noter que la majorité de nos références n'existe de toute façon qu'en 40/45.

Venez les essayer à Pau

Une chaussette se juge à la main et au pied, pas sur une photo. Passez avec vos chaussures : on compare la densité de maille entre deux modèles, on regarde comment la côte se comporte au mollet, et on vérifie que l'épaisseur passe dans la boot que vous portez tous les jours. C'est cinq minutes, et ça évite d'acheter une paire qui restera dans le tiroir. Nous sommes au 18 rue des Cordeliers à Pau, au 05 40 03 60 97.

Les seize références sont réunies dans la collection Royalties Paris. Livraison : point relais Chronopost 4,90 €, offert dès 100 € ; Colissimo 7,90 €, offert dès 150 € ; retrait gratuit en boutique ; expédition sous 24 h ouvrées ; retours sous 30 jours, frais à la charge du client.